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Chapitre 3 — Quelles sont les principales défaillances du marché ?
Les externalités
Une externalité est une conséquence de l'activité d'un agent économique sur un tiers, sans compensation monétaire via le marché. Externalité négative : un agent impose un coût à un tiers (pollution d'une usine sur les riverains). Externalité positive : un agent procure un bénéfice à un tiers (recherche fondamentale, vaccination). En présence d'externalités, le marché ne conduit pas à l'optimum : il y a surproduction en cas d'externalité négative, sous-production en cas d'externalité positive.
Les remèdes aux externalités
Taxe pigouvienne : taxe sur le pollueur égale au coût marginal social de la pollution, pour internaliser l'externalité négative (exemple : taxe carbone). Subventions pour encourager les activités à externalités positives (subvention à la recherche, à la vaccination). Marché de droits à polluer (quotas d'émission échangeables) : les entreprises reçoivent un quota qu'elles peuvent vendre si elles polluent moins. Réglementation (normes d'émission, interdictions).
Les biens communs et les biens collectifs
Deux critères classifient les biens : la rivalité (la consommation par un agent réduit-elle celle des autres ?) et l'excluabilité (peut-on empêcher un non-payeur de consommer ?). Bien privé : rival et excluable (un sandwich). Bien collectif (ou bien public pur) : non rival et non excluable (défense nationale, éclairage public). Bien commun : rival mais non excluable (banc de poissons, forêt en accès libre). Bien de club : non rival mais excluable (autoroute à péage, chaîne cryptée).
Le problème du passager clandestin
Le passager clandestin (free rider) est un agent qui profite d'un bien collectif ou commun sans contribuer à son financement. Puisque personne ne peut être exclu de la consommation d'un bien collectif, chacun est incité à ne pas payer, espérant que les autres financeront. Conséquence : le marché seul ne peut pas produire les biens collectifs en quantité suffisante. L'État intervient pour les financer par l'impôt et les fournir (routes, justice, défense).
La tragédie des biens communs
Garrett Hardin (1968) : les biens communs risquent la surexploitation car chaque utilisateur a intérêt à en prélever le maximum sans se soucier de la durabilité (exemple : surpêche, déforestation). Chacun raisonne individuellement, mais collectivement la ressource s'épuise. Solutions possibles : réglementation publique (quotas de pêche), privatisation de la ressource, ou gestion collective locale (Elinor Ostrom, prix Nobel 2009, montre que des communautés locales peuvent gérer durablement les communs grâce à des règles partagées).
Les asymétries d'information
Il y a asymétrie d'information quand une des parties à un échange dispose de plus d'informations que l'autre. Sélection adverse (ou antisélection) : avant la transaction, l'une des parties cache une information (exemple : marché des voitures d'occasion, G. Akerlof 1970 — le « marché des lemons » ; ou en assurance, les plus risqués s'assurent davantage). Aléa moral : après la transaction, l'une des parties modifie son comportement car elle est moins exposée au risque (un assuré prend plus de risques). Solutions : labels, certifications, garanties, signaux (diplômes), réglementation.