SES · terminale spe
Chapitre 6 — Quelle est l'action de l'École sur les destins individuels et sur les inégalités ?
L'École, vecteur de mobilité sociale ?
L'idéal méritocratique : l'École républicaine doit permettre à chacun de s'élever socialement par le mérite, indépendamment de son origine sociale.La massification scolaire (depuis les années 1960-80) a considérablement élevé le niveau général de diplôme : 80 % d'une classe d'âge au baccalauréat aujourd'hui contre 5 % en 1950.Le diplôme reste un facteur déterminant de l'insertion professionnelle : il protège du chômage et conditionne le niveau de revenu. Mais son rendement décroît avec l'inflation des diplômes.Le paradoxe d'Anderson : la massification scolaire n'a pas mécaniquement entraîné une mobilité sociale accrue. Un diplôme supérieur à celui de ses parents ne garantit pas une position sociale supérieure.
L'École reproduit-elle les inégalités ?
Bourdieu et Passeron : l'École reproduit les inégalités sociales en valorisant la culture des classes dominantes (capital culturel). Les enfants des milieux favorisés maîtrisent les codes scolaires (langage, posture, références culturelles) : c'est la violence symbolique.Boudon (individualisme méthodologique) : les inégalités scolaires résultent de choix rationnels différenciés selon l'origine sociale. Les familles populaires anticipent un rapport coûts/bénéfices moins favorable pour les études longues (choix d'orientation).Les inégalités scolaires se manifestent dans les résultats (écarts de notes selon l'origine sociale dès le primaire), les orientations (filières générales vs professionnelles) et l'accès aux formations sélectives (classes prépa, grandes écoles).Le capital culturel (Bourdieu) : ensemble des ressources culturelles (livres, musées, langage), des dispositions (goût de l'effort intellectuel) et des titres scolaires transmis en famille.
Les politiques éducatives
La démocratisation scolaire est quantitative (massification : plus d'élèves accèdent aux études longues) mais incomplètement qualitative (les écarts sociaux dans les filières d'élite persistent).On distingue démocratisation uniforme (les écarts se maintiennent à tous les niveaux) et démocratisation égalisatrice (les écarts se réduisent réellement).Politiques correctrices : Éducation prioritaire (REP, REP+), bourses, accompagnement personnalisé, quotas sociaux dans les grandes écoles (Sciences Po), mixité scolaire.Débats : faut-il donner plus à ceux qui ont moins (discrimination positive) ? Le libre choix de l'établissement accroît-il la ségrégation ? Comment concilier excellence et égalité ?