HGGSP · terminale speGratuit
Chapitre 1 — De nouveaux espaces de conquête
L'essentiel en 30 secondes
Océans, espace extra-atmosphérique et cyberespace sont les trois nouveaux théâtres de rivalités géopolitiques. Les États et les entreprises privées s'y affrontent pour le contrôle des ressources, des routes et de l'information. Ces espaces sont partiellement régulés par le droit international (Convention de Montego Bay, Traité de l'espace), mais les rapports de force dominent. La maîtrise de ces espaces est devenue un enjeu majeur de puissance au XXIe siècle.
Notions clés
- ZEE (Zone Économique Exclusive)
- Bande maritime de 200 milles nautiques (370 km) depuis les côtes, où l'État côtier a des droits souverains sur les ressources. Définie par la Convention de Montego Bay (1982).
- Plateau continental
- Prolongement naturel du territoire sous la mer. Un État peut revendiquer des droits sur les ressources du sol et du sous-sol au-delà de sa ZEE (jusqu'à 350 milles) auprès de la CLPC de l'ONU.
- Bien commun mondial (global commons)
- Espace ou ressource n'appartenant à aucun État : haute mer, espace extra-atmosphérique, Antarctique. Leur gestion relève théoriquement de la communauté internationale.
- New Space
- Ouverture de la conquête spatiale aux acteurs privés (SpaceX, Blue Origin) depuis les années 2010. Rupture avec le monopole étatique de la Guerre froide.
- Cyberespace
- Espace immatériel constitué par les réseaux numériques interconnectés. Il a une dimension physique (câbles sous-marins, data centers), logique (protocoles, logiciels) et informationnelle (données, contenus).
- AIFM (Autorité Internationale des Fonds Marins)
- Organisation créée par la Convention de Montego Bay pour réguler l'exploitation des ressources minérales des grands fonds marins internationaux.
A retenir
- La Convention de Montego Bay (1982, entrée en vigueur 1994) est la « constitution des océans » : elle définit mer territoriale (12 milles), ZEE (200 milles) et haute mer.
- Le Traité de l'espace (1967) pose un principe fondamental : l'espace est le « patrimoine commun de l'humanité », non appropriable par un État. Mais les Accords Artemis (2020, États-Unis) remettent en question cette logique.
- La France possède la ZEE mondiale grâce ses territoires ultramarins millions de .
- Le cyberespace est le seul de ces trois espaces à être majoritairement contrôlé par des acteurs privés (GAFAM, opérateurs télécom).
Erreurs classiques
Erreur : Confondre mer territoriale (12 milles, souveraineté totale) et ZEE (200 milles, droits sur les ressources uniquement)
Correction : Dans la ZEE, l'État n'a pas de souveraineté pleine : la navigation reste libre (liberté de la haute mer). Seules les ressources lui appartiennent.
Erreur : Croire que le cyberespace est un espace totalement libre et sans frontières
Correction : De nombreux États exercent un contrôle (Grande Muraille numérique en Chine, coupures d'Internet en Russie/Iran). Le cyberespace est aussi un espace de surveillance et de censure.
Erreur : Oublier la dimension physique du cyberespace
Correction : 99 % du trafic Internet mondial passe par des câbles sous-marins. Les data centers consomment énormément d'énergie. Le cyberespace a une infrastructure matérielle très concrète.
Astuce méthode
Sur une dissertation HGGSP, pense toujours à croiser les trois échelles d'analyse : acteurs étatiques, organisations internationales, acteurs privés. C'est ce croisement qui montre ta maîtrise du sujet.