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Chapitre 3 — Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle
L'essentiel en 30 secondes
Le théâtre classique du XVIIe obéit à des règles strictes (trois unités, bienséance, vraisemblance) : Molière pour la comédie, Racine et Corneille pour la tragédie. Le XVIIIe libère la comédie (Marivaux, Beaumarchais), le XIXe invente le drame romantique (Hugo). Le XXe casse tout : le théâtre de l'absurde (Ionesco, Beckett) montre l'impossibilité de communiquer. Aujourd'hui, le théâtre contemporain mêle genres, corps et technologie.
Notions clés
- Règle des trois unités
- Règle classique (XVIIe) : unité de temps (24h), de lieu (un seul espace), d'action (une seule intrigue principale).
- Tragédie classique
- Genre noble en vers (alexandrins), héros de rang élevé confrontés à la fatalité, fin malheureuse. Registre pathétique et tragique. Racine (Phèdre, Andromaque), Corneille (Le Cid, Horace).
- Comédie classique
- Genre qui corrige les mœurs par le rire (castigat ridendo mores). Molière : satire sociale, types comiques (l'avare, le misanthrope, le malade imaginaire).
- Drame romantique
- Genre créé par Hugo (préface de Cromwell, 1827) : mélange du sublime et du grotesque, rejet des unités, sujets historiques. Hernani (1830) provoque une bataille littéraire.
- Théâtre de l'absurde
- Courant (1950-1970) : l'intrigue se délite, le langage dysfonctionne, le sens se dérobe. Figures : Ionesco (La Cantatrice chauve, Rhinocéros), Beckett (En attendant Godot).
- Double énonciation
- Au théâtre, chaque réplique est adressée à la fois au personnage sur scène ET au spectateur. C'est une spécificité fondamentale du genre théâtral.
A retenir
- La double énonciation est LE concept à maîtriser : tout ce qui est dit sur scène s'adresse aussi au public. C'est la clé de l'ironie dramatique, du quiproquo, de l'aparté.
- Le théâtre de l'absurde ne « n'a pas de sens » : il montre l'absurdité de la condition humaine. Le non-sens EST le sens.
- Pour l'oral, pense toujours à la dimension spectaculaire : un texte de théâtre est fait pour être joué, pas seulement lu.
Erreurs classiques
Erreur : Analyser le théâtre comme un roman
Correction : Pas de narrateur au théâtre ! Parle de didascalies, de répliques, de stichomythie, de monologue, de tirade — pas de « focalisation » ou de « narrateur ».
Erreur : Oublier la mise en scène
Correction : Les didascalies (indications scéniques) sont essentielles dans le théâtre moderne. Chez Beckett, la gestuelle compte autant que les mots.
Erreur : Croire que la comédie est un genre mineur
Correction : Molière utilise le rire pour critiquer la société : hypocrisie (Tartuffe), obsession de l'argent (L'Avare), vanité sociale (Le Bourgeois gentilhomme). C'est profondément sérieux.
Astuce méthode
Pour tout texte théâtral au bac, commence par identifier : 1) la situation d'énonciation (qui parle à qui ?), 2) le type de parole (monologue, dialogue, aparté, tirade), 3) les didascalies. Ces trois éléments te donnent déjà la moitié de ton analyse.