Histoire et mémoires
L'essentiel en 30 secondes
Les notions à connaître
- Mémoire collective
- Ensemble de souvenirs partagés par un groupe social (nation, communauté, famille). Concept forgé par le sociologue Maurice Halbwachs (1925). Toujours subjective et sélective.
- Lieu de mémoire
- Concept de Pierre Nora (1984-1992) : tout objet matériel ou immatériel (monument, date, personnage, symbole) devenu élément du patrimoine mémoriel d'une communauté. Ex : le Panthéon, le 14 Juillet.
- Devoir de mémoire
- Obligation morale de se souvenir des victimes de tragédies historiques (Shoah, esclavage, génocides) pour éviter leur répétition. Expression popularisée dans les années 1990.
- Loi mémorielle
- Loi par laquelle un État qualifie officiellement un événement historique. Ex en France : loi Gayssot (1990, négationnisme), loi Taubira (2001, esclavage = crime contre l'humanité).
- Instrumentalisation de la mémoire
- Utilisation politique de la mémoire pour légitimer un pouvoir, fédérer un groupe ou discréditer un adversaire. Ex : le « roman national », mémoire officielle en régime autoritaire.
- Résistancialisme
- Mythe selon lequel la majorité des Français auraient résisté pendant l'Occupation. Entretenu par de Gaulle après 1944 pour unifier la nation. Remis en cause par Robert Paxton (La France de Vichy, 1973) et le film Le Chagrin et la Pitié (Marcel Ophüls, 1971).
- Négationnisme
- Démarche visant à nier l'existence de crimes historiques avérés, en particulier la Shoah. Interdit en France par la loi Gayssot (1990). À distinguer du révisionnisme historique, qui est une relecture critique des sources (démarche scientifique légitime).
- Concurrence des mémoires
- Compétition entre différents groupes pour la reconnaissance de leur souffrance historique dans l'espace public. Ex en France : mémoire de la Shoah, mémoire de l'esclavage, mémoire coloniale, mémoire arménienne. Chaque groupe revendique une place dans le récit national.
Les erreurs à éviter en hggsp
Opposer histoire et mémoire de manière binaire
Elles sont complémentaires : l'historien utilise les témoignages (mémoire) comme sources, et le travail historique nourrit la mémoire collective. Le problème survient quand la mémoire prétend remplacer l'histoire.
Confondre devoir de mémoire et repentance
Le devoir de mémoire est un impératif moral de souvenir. La repentance implique que l'État reconnaisse sa responsabilité et demande pardon. Ce sont deux démarches distinctes.
Croire que les lois mémorielles font consensus chez les historiens
De nombreux historiens (appel « Liberté pour l'histoire », 2005) critiquent les lois mémorielles, estimant que le Parlement ne doit pas dicter la vérité historique.
Confondre négationnisme et révisionnisme
Le négationnisme nie des faits historiques avérés (Shoah). Le révisionnisme est une relecture critique des interprétations historiques, ce qui est la démarche normale de l'historien. Ne pas confondre les deux.
Sais-tu répondre à ces questions ?
Les corrigés détaillés sont dans le quiz du chapitre.
- Quelle est la différence fondamentale entre histoire et mémoire ?
- Qu'est-ce qu'une « loi mémorielle » ?
- Quel historien français a travaillé sur les « lieux de mémoire » ?
- Que désigne le « devoir de mémoire » ?
- En quelle année Jacques Chirac a-t-il reconnu la responsabilité de la France dans la rafle du Vél d'Hiv ?
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