La religion
L'essentiel en 30 secondes
Les notions à connaître
- Religion (religio)
- Deux étymologies latines anciennes : relegere, reprendre avec soin et comme relire tout ce qui touche au culte des dieux (Cicéron, De la nature des dieux, II), et religare, relier l'homme à Dieu (Lactance, Institutions divines, IV, début du IVe siècle). Au sens large, ensemble de croyances et de pratiques relatives au sacré, partagées par une communauté.
- Sacré / Profane
- Chez Durkheim, le sacré est ce qui est séparé et protégé par des interdits (lieux, objets, temps, êtres) ; le profane est le domaine ordinaire, que les interdits tiennent à distance du sacré. Toute religion repose sur cette séparation, plus que sur la croyance en un dieu.
- Croire / Savoir
- Repère du programme. Savoir, c'est tenir pour vrai avec des raisons valables pour tous (démonstration, preuve, expérience) ; croire, c'est tenir pour vrai sans pouvoir l'établir pour tous. La foi religieuse (latin fides, confiance) engage l'existence entière : elle n'est pas un savoir incomplet.
- Superstition
- Croyance née de la crainte et de l'espérance, qui lit des signes et des présages dans les événements et cherche à les conjurer par des rites (Spinoza). Cicéron, déjà, distinguait la superstition de la religion.
- Théisme / Déisme / Athéisme / Agnosticisme
- Le théiste croit en un Dieu personnel qui se révèle et agit dans le monde ; le déiste admet un Dieu créateur connu par la seule raison, sans révélation ni culte imposé (Voltaire) ; l'athée nie l'existence de Dieu ; l'agnostique tient la question pour impossible à trancher.
- Transcendant / Immanent
- Repère du programme. Est transcendant ce qui dépasse le monde et l'expérience (le Dieu créateur des religions révélées) ; est immanent ce qui demeure à l'intérieur du monde. Spinoza, qui identifie Dieu et la Nature, pense un Dieu immanent.
- Aliénation religieuse
- Chez Feuerbach, l'homme se dépossède de ses propres qualités en les attribuant à un Dieu extérieur qu'il adore. Marx en cherche la cause dans les conditions sociales : la religion exprime une misère réelle et proteste contre elle.
- Laïcité / Tolérance
- La tolérance consiste à supporter des croyances qu'on ne partage pas ; Locke la défend (Lettre sur la tolérance, 1689) mais en exclut les athées. La laïcité est un principe politique : l'État est neutre, ne reconnaît aucun culte et garantit à chacun la liberté de conscience (en France, loi du 9 décembre 1905).
Les erreurs à éviter en philosophie
Traiter le sujet en disant si Dieu existe ou en défendant sa propre religion
La dissertation ne juge ni une religion ni la foi de quiconque. Elle analyse des notions (croyance, raison, vérité, société) et confronte des thèses argumentées. La neutralité n'empêche pas de conclure : elle oblige à justifier.
Réduire Marx à « la religion est une drogue inventée par les puissants »
Pour Marx, la misère religieuse est à la fois l'expression de la misère réelle et une protestation contre elle ; la religion console comme un opium. Il ne dit pas qu'un complot l'a fabriquée : il veut transformer les conditions sociales qui la rendent nécessaire.
Lire « Dieu est mort » comme une preuve que Dieu n'existe pas
Nietzsche décrit un événement culturel : la croyance en Dieu ne fonde plus les valeurs. Son insensé s'adresse à des incroyants qui rient, et leur annonce un vertige qu'ils n'ont pas encore mesuré.
Sais-tu répondre à ces questions ?
Les corrigés détaillés sont dans le quiz du chapitre.
- Selon Durkheim, qu'est-ce qui définit une religion ?
- Quel philosophe écrit : « C'est le cœur qui sent Dieu, et non la raison » ?
- Que veut montrer Pascal avec le pari ?
- Selon Spinoza, quelle est la véritable cause de la superstition ?
- Pour Feuerbach, qu'est-ce que Dieu ?
Et maintenant ?
Lire ne suffit pas : c'est en cherchant qu'on retient.
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