PhilosophieChapitre 3

La justice

L'essentiel en 30 secondes

La justice est à la fois une vertu morale (donner à chacun ce qui lui revient) et une institution qui applique le droit. Il faut distinguer le juste et le légal : une loi peut être conforme au droit en vigueur sans être vraiment juste. La grande question est de savoir ce qui fonde une loi juste, entre l'égalité stricte et l'équité, et comment penser une répartition juste des biens dans la société.

Les notions à connaître

Justice (vertu et institution)
La justice désigne d'abord une vertu morale : la disposition à rendre à chacun ce qui lui est dû. Elle désigne aussi l'institution chargée de trancher les conflits et d'appliquer le droit (tribunaux, juges, lois). Exemple : rendre l'argent qu'on a emprunté relève de la justice comme vertu ; condamner un voleur relève de la justice comme institution.
Juste et légal
Le légal, c'est ce qui est conforme à la loi en vigueur ; le juste, c'est ce qui est conforme à un idéal moral. Les deux ne coïncident pas toujours : une loi légale peut être injuste. Exemple : les lois de l'apartheid en Afrique du Sud ou les lois esclavagistes étaient légales, mais profondément injustes.
Droit naturel et droit positif
Le droit positif est l'ensemble des lois écrites, votées et appliquées dans une société donnée. Le droit naturel désigne des principes de justice supposés universels et antérieurs aux lois humaines. Exemple : Antigone, chez Sophocle, invoque des lois non écrites (droit naturel) pour désobéir à l'édit du roi Créon (droit positif).
Égalité et équité
L'égalité consiste à traiter tout le monde de la même façon ; l'équité consiste à tenir compte des situations particulières pour rétablir une justice réelle. Exemple : à un examen, donner le même sujet à tous est égalitaire ; accorder un tiers-temps à un élève handicapé est équitable.
Justice distributive et commutative
Distinction d'Aristote dans l'Éthique à Nicomaque. La justice distributive répartit les biens, les honneurs ou les charges selon le mérite de chacun (égalité proportionnelle). La justice commutative règle les échanges entre individus selon une stricte égalité (égalité arithmétique). Exemple : distribuer des récompenses selon les résultats est distributif ; rembourser exactement ce qu'on doit est commutatif.
Contrat social
Idée selon laquelle la société et l'État reposent sur un accord (réel ou hypothétique) par lequel les individus renoncent à une part de leur liberté naturelle pour obtenir sécurité et justice. Exemple : chez Hobbes, les hommes concluent un pacte pour sortir de la guerre de tous contre tous ; chez Rousseau, ils s'unissent pour former une volonté générale garante du bien commun.
Voile d'ignorance (Rawls)
Expérience de pensée de John Rawls : pour définir des principes de justice équitables, on imagine des individus qui doivent choisir les règles de leur société sans savoir quelle place ils y occuperont (riches ou pauvres, doués ou non). Ignorant leur situation future, ils choisissent des règles justes pour tous. Exemple : sous le voile d'ignorance, personne n'accepterait une société où l'esclavage est possible, de peur d'être l'esclave.

Les erreurs à éviter en philosophie

Sais-tu répondre à ces questions ?

Les corrigés détaillés sont dans le quiz du chapitre.

  1. Quelle distinction fondamentale oppose ce qui est conforme à la loi en vigueur et ce qui est conforme à un idéal moral ?
  2. Dans l'Éthique à Nicomaque, quel philosophe distingue la justice distributive et la justice commutative ?
  3. Comment nomme-t-on l'ensemble des lois écrites, votées et appliquées dans une société donnée ?
  4. Accorder un tiers-temps à un élève handicapé lors d'un examen relève d'abord de quelle notion ?
  5. Selon Hobbes, pourquoi les hommes concluent-ils un contrat social ?

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