Management, sciences de gestion et numériqueChapitre 19

Partie commune 2.1 : fédérer les acteurs, direction, groupes, coopération et motivation

L'essentiel en 30 secondes

Fédérer les acteurs, c'est concilier des intérêts tantôt convergents, tantôt divergents (salariés, actionnaires, dirigeants) et réguler les conflits (Follett : domination, compromis ou intégration). La culture de l'organisation et un style de direction adapté au contexte (autoritaire, paternaliste, consultatif, participatif) y contribuent. Dans les groupes, la cohésion dépend du leadership et des relations ; la coopération s'accompagne d'outils et de pratiques collaboratives. Enfin, la motivation dépend de facteurs internes et externes à l'individu, et la qualité de vie et des conditions de…

Les notions à connaître

Intérêts convergents et divergents
Les salariés attendent rémunération, sécurité de l'emploi, bonnes conditions de travail et reconnaissance ; les actionnaires, des dividendes et une valorisation de leurs titres ; les dirigeants, la croissance et la pérennité. Tous ont intérêt à la survie de l'organisation (convergence), mais la répartition de la valeur créée ou une réorganisation les opposent (divergence). Exemple : un bénéfice peut servir à augmenter les salaires, à verser des dividendes ou à investir.
Culture de l'organisation
Ensemble des valeurs, croyances, normes de comportement, rites (cérémonies, séminaires), symboles (logo, tenue), histoire et langage partagés par les membres d'une organisation. Elle assure leur cohésion, guide leurs comportements sans règle écrite et renforce leur implication. Exemple : une coopérative agricole qui célèbre chaque année ses fondateurs entretient des valeurs de solidarité entre ses membres.
Le conflit et sa régulation
Un conflit naît d'intérêts divergents. Henri Fayol (« Administration industrielle et générale », 1916) insiste sur l'ordre et l'unité de commandement : chacun ne reçoit d'ordres que d'un seul chef, ce qui évite des conflits d'autorité, et l'union du personnel fait la force de l'entreprise. Mary Parker Follett voit au contraire le conflit comme une différence qui peut être constructive, et distingue trois façons de le traiter : la domination (une partie l'emporte), le compromis (chacun renonce à une partie de ses demandes) et l'intégration (une solution nouvelle qui satisfait les deux), qu'elle juge la plus durable.
Styles de direction
Autoritaire : le dirigeant décide seul, donne des ordres et contrôle étroitement. Paternaliste : il décide seul aussi, mais se montre protecteur et bienveillant, en attendant loyauté et reconnaissance. Consultatif : il recueille l'avis des salariés avant de décider seul. Participatif : il associe les salariés à la décision et délègue. Le style dépend du type d'organisation, de sa culture, de son environnement et de la personnalité des dirigeants.
Dynamique de groupe
Ensemble des relations et des phénomènes d'influence qui se développent dans un groupe. Le leadership est la capacité d'un membre à influencer les autres : il peut être formel (le chef désigné) ou informel (un collègue écouté). La cohésion est la force qui maintient les membres unis vers un but commun. La décision de groupe (vote, consensus) peut être enrichie par la diversité des points de vue, ou déformée par le conformisme et la pression du groupe.
Coopération et modes d'action coopératifs
La coopération est la volonté de travailler ensemble vers un objectif commun ; elle ne se décrète pas et n'est pas toujours spontanée. L'organisation la favorise par des modes d'action coopératifs : le travail en projet, les réunions, les techniques de créativité (remue-méninges), les outils collaboratifs (plateformes, agendas partagés, messagerie instantanée, intranet, extranet, gestion informatisée des flux de travail), les réseaux sociaux d'entreprise et les communautés de pratiques, groupes de personnes qui partagent un même métier et échangent leurs savoir-faire.
Facteurs de motivation
La motivation est l'énergie qui pousse un individu à agir et à s'investir. Facteurs internes (intrinsèques) : intérêt du travail, autonomie, besoin d'accomplissement et de progression. Facteurs externes (extrinsèques) : rémunération, conditions et cadre de travail, reconnaissance, communication interne, perspectives d'évolution. La motivation ne se décrète pas : l'organisation crée des dispositions favorables (rémunération variable, intéressement, formation, enrichissement des tâches, écoute).
Mobilisation et implication
Mobiliser, pour l'organisation, c'est rassembler ses membres pour qu'ils conjuguent leurs énergies vers des objectifs, dans une logique de performance. L'implication est l'attachement d'un salarié à son organisation et à son travail. Mobiliser ne suffit pas : encore faut-il que chacun soit motivé, ce qui dépend du contenu du travail, de la reconnaissance et des conditions de travail.

Les erreurs à éviter en management, sciences de gestion et numérique

Sais-tu répondre à ces questions ?

Les corrigés détaillés sont dans le quiz du chapitre.

  1. Le fondateur d'une entreprise familiale décide seul, mais connaît chaque salarié, l'aide en cas de difficulté personnelle et attend en retour fidélité et reconnaissance. Quel est son style de direction ?
  2. Lequel de ces éléments est un facteur de motivation interne à l'individu ?
  3. Une directrice demande l'avis de toute l'équipe avant de réorganiser les horaires, puis prend seule la décision finale. Quel style adopte-t-elle ?
  4. Que désigne la culture d'une organisation ?
  5. Dans une équipe de projet, ce n'est pas la cheffe désignée mais un technicien expérimenté que les autres écoutent et suivent. Comment qualifier son rôle ?

Et maintenant ?

Lire ne suffit pas : c'est en cherchant qu'on retient.

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